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Notre intention

Ce que nous avons constaté

La recherche en sexualité humaine s’est construite, pendant des décennies, autour de ce qui dysfonctionne. Peggy Kleinplatz et Dana Ménard le résumaient déjà en 2007 : la recherche clinique dans ce domaine s’est concentrée sur la psychopathologie sexuelle, et il existe une pénurie relative de modèles conceptuels et de données empiriques sur ce qui rend une sexualité épanouissante. Leur observation la plus frappante concerne les personnes qui consultent : beaucoup ne présentent aucun trouble au sens des classifications médicales. Elles se sentent pourtant « défectueuses », et posent une question que nous entendons souvent — « est-ce que c’est tout ce qu’il y a ? »

Ces personnes n’ont pas besoin d’un traitement. Elles ont besoin de repères, de vocabulaire, et d’un espace où poser leurs questions sans avoir à les justifier.

Or cet espace manque, y compris là où on l’attendrait. Une étude finlandaise publiée dans Menopause en 2025, auprès de 701 médecins, montre que tous jugent important de prendre en charge les difficultés sexuelles — mais que les généralistes sont nettement moins susceptibles que les gynécologues d’en parler spontanément lors d’une anamnèse, et plus de deux fois plus nombreux à invoquer un manque de connaissances en médecine sexuelle, un manque de temps, ou leurs propres attitudes personnelles comme obstacles.

Du côté des patient·es, une étude australienne publiée la même année dans le Journal of Sexual Medicine, auprès de 141 personnes atteintes d’endométriose, identifie quatre familles d’obstacles à cette conversation : systémiques, liés au praticien, liés au patient, et relationnels. Son titre reprend la phrase d’une participante : « aucun médecin ne me l’a jamais demandé, alors j’ai pensé que ce n’était pas une préoccupation légitime ».

C’est ce silence que nous avons pris comme point de départ.

Ce que nous faisons

Intimly n’invente pas de savoir nouveau. Nous faisons un travail plus modeste et, nous le croyons, plus utile : lire la littérature scientifique existante, la trier, la relier, et la traduire en outils concrets que l’on peut réellement utiliser — seul·e, à deux, ou avec un·e professionnel·le.

Une partie de ce travail répond à un manque précis dans l’espace francophone. Les modèles de référence sur le désir, l’attachement et la communication dans le couple existent, mais principalement en anglais et rarement sous une forme praticable. Nous construisons cet équivalent francophone, en y intégrant dès le départ les réalités relationnelles et les pratiques qui sont trop souvent traitées à part plutôt qu’incluses.

L’écosystème est fait pour grandir. Chaque outil qui s’y ajoute part du même principe : une base scientifique explicite, un langage clair, et rien qui suppose que votre intimité doive ressembler à celle de quelqu’un d’autre.

Qui porte ce projet

Intimly est fondé par Mathias Heylen, sexologue diplômé d’un double master en sciences de la famille et de la sexualité (UCLouvain).

Il est aussi sur le spectre de l’autisme. Ce n’est pas une note de bas de page : c’est une part de la méthode. Le spectre porte bien son nom — il recouvre des fonctionnements très divers, et rarement ceux que l’on imagine. Dans son cas, cela se traduit par un besoin de clarté plutôt que d’implicite, de structure plutôt que d’improvisation, de rythme choisi plutôt que subi. Concevoir en partant de ces besoins-là produit des outils qui servent bien au-delà des personnes concernées.

Ce n’est pas une intuition. Une étude américaine parue en 2023 dans le Disability and Health Journal a comparé ce que des adultes autistes et non autistes souhaitaient apprendre en matière de sexualité et de relations. Les personnes autistes demandaient significativement plus d’informations sur le consentement, l’affirmation de soi, l’identité de genre et l’orientation. Mais le résultat le plus parlant est ailleurs : la majorité de l’ensemble des participants, autistes ou non, en voulaient davantage sur tous les sujets abordés. Une autre étude, publiée en 2022 dans le Journal of Autism and Developmental Disorders, montre que les adultes autistes désirent des relations amoureuses et sexuelles autant que leurs pairs, tout en ayant significativement moins d’expériences partagées — l’écart ne tient pas au désir ni aux connaissances, mais à la dimension sociale et communicationnelle, que l’éducation à la sexualité aborde rarement.

Autrement dit : ce qui est indispensable à certaines personnes est presque toujours confortable pour toutes les autres. C’est le principe qui guide chaque outil Intimly.

Ce qu’Intimly n’est pas

Ce n’est pas un service d’urgence, ni un substitut à une consultation. Nos outils ne posent pas de diagnostic et ne remplacent ni un suivi médical, ni une psychothérapie. Si un sujet est douloureux, si une situation vous met en danger, ou si vous traversez une période de détresse, un accompagnement humain reste la meilleure voie — et nous le dirons chaque fois que ce sera le cas.

Nous ne promettons pas non plus de résultats. Nous proposons des repères et des outils ; ce que vous en faites vous appartient.

Comment cette page évolue

Ce texte est daté, et il changera. À mesure que l’écosystème s’étend et que la littérature avance, nous le mettrons à jour plutôt que de le laisser vieillir en silence.

Dernière mise à jour : août 2026.


Références citées

Kleinplatz, P. J., & Ménard, A. D. (2007). Building Blocks Toward Optimal Sexuality: Constructing a Conceptual Model. The Family Journal, 15(1), 72-78. https://doi.org/10.1177/1066480706294126

Aromaa, A., Kero, K., Manninen, S.-M., Vahlberg, T., & Polo-Kantola, P. (2025). Engagement with patients’ sexual problems: a comparative study among general practitioners and obstetrician-gynecologists. Menopause, 32(8), 677-684. https://doi.org/10.1097/GME.0000000000002551

Davenport, R. A., et al. (2025). « No doctor ever asked me…so I thought it wasn’t a valid concern »: endometriosis patients’ perspectives of barriers and facilitators to sexual health communication in general practice. The Journal of Sexual Medicine, 22(1), 26-35. https://doi.org/10.1093/jsxmed/qdae145

Crehan, E. T., Rocha, J., Sclar, J., Ward, O., & Donaghue, A. (2023). Topics and timing of sexuality and relationship education for autistic and non-autistic adults in the United States. Disability and Health Journal, 16(3), 101466. https://doi.org/10.1016/j.dhjo.2023.101466

Kohn, B. H., Vidal, P., Chiao, R., Pantalone, D. W., & Faja, S. (2022). Sexual Knowledge, Experiences, and Pragmatic Language in Adults With and Without Autism: Implications for Sex Education. Journal of Autism and Developmental Disorders, 53(10), 3770-3786. https://doi.org/10.1007/s10803-022-05659-z

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