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ToggleLa sexualité humaine ne tient pas dans deux ou trois cases. Orientation, attirance, identité de genre, manière de vivre ses relations : chacun·e compose un mélange singulier qui peut évoluer dans le temps et selon les contextes. Une approche sexologique sérieuse part de cette diversité comme d’une donnée, pas d’une exception.
Vous trouverez sur cette page des repères sur les principales dimensions de la diversité sexuelle et de genre, telles qu’elles sont aujourd’hui décrites par la recherche et reconnues par les institutions de santé internationales. L’objectif n’est pas d’enfermer dans des catégories, mais d’offrir un vocabulaire partagé pour penser et nommer son expérience — ou celle d’un·e proche.
Ce travail s’inscrit dans une approche dépathologisante : la diversité n’est pas une maladie. La souffrance qu’elle peut générer vient le plus souvent du contexte social (rejet, violence, invisibilisation, normes intériorisées), pas de la diversité elle-même.
Orientation sexuelle
L’orientation sexuelle désigne le profil de l’attirance — affective, romantique, sexuelle — d’une personne envers d’autres. Elle est généralement décrite selon plusieurs axes qui ne se recouvrent pas toujours :
- le genre des personnes vers lesquelles on est attiré·e : hétérosexuel·le (genre différent), homosexuel·le (même genre), bisexuel·le (deux genres ou plus), pansexuel·le (sans considération du genre), asexuel·le (peu ou pas d’attirance sexuelle)…
- le type d’attirance : sexuelle, romantique, esthétique, sensuelle. Ces dimensions peuvent ne pas pointer vers les mêmes personnes (par exemple : romantique envers un genre, sexuelle envers un autre).
- l’évolution dans le temps : l’orientation peut être stable ou fluide. Reconnaître cette fluidité, c’est éviter d’imposer une fixité qui ne correspond pas à toutes les trajectoires.
Ces termes sont des repères, pas des étiquettes obligatoires. Beaucoup de personnes ne se reconnaissent dans aucun mot précis, ou utilisent plusieurs mots à la fois, ou n’éprouvent pas le besoin de se définir. Cela ne rend pas leur orientation moins réelle ni moins légitime.
Vivre son orientation
Vivre une orientation minoritaire dans un environnement majoritaire (famille, école, milieu pro, religion, pays) peut générer un stress spécifique, parfois nommé « stress des minorités sexuelles ». Il n’a rien à voir avec une fragilité personnelle : c’est une réponse à une exposition répétée à des micro-agressions, à l’invisibilisation ou à des injonctions à la conformité.
Quelques points souvent rencontrés en consultation :
- le coming out n’est pas un événement unique mais un processus, parfois ré-itéré tout au long de la vie (nouveau travail, nouveau cercle social, nouvelles relations).
- l’homophobie / biphobie / lesbophobie / acephobie intériorisées peuvent rester actives même chez des personnes en paix avec leur orientation au niveau conscient.
- la bi-invisibilisation est une réalité : les personnes bi/pan sont souvent ramenées à leur partenaire actuel·le, ce qui efface leur identité.
- les personnes asexuelles rencontrent fréquemment l’incrédulité ou la pression à « essayer » — leur orientation est aussi légitime que les autres.
Un accompagnement sexologique peut offrir un espace pour mettre des mots, traiter les expériences difficiles et construire une trajectoire qui vous ressemble vraiment.
Identité de genre
L’identité de genre désigne le sentiment intime d’être homme, femme, les deux, aucun, ou autre chose. Elle est distincte de l’orientation sexuelle (à qui on est attiré) et du sexe assigné à la naissance (homme/femme/intersexe selon des critères biologiques).
Quelques repères :
- cisgenre : personne dont l’identité de genre correspond au sexe assigné à la naissance.
- transgenre : personne dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance. Le terme inclut une grande diversité de trajectoires.
- non-binaire : personne dont l’identité ne s’inscrit pas dans le binaire homme/femme. Peut signifier être les deux, entre les deux, en dehors, fluctuant…
- agenre : sentiment d’absence d’identité de genre.
Les classifications internationales ont évolué : depuis 2018, l’OMS a retiré la « transidentité » des troubles mentaux dans la CIM-11 et l’a déplacée dans une catégorie de santé sexuelle (« incongruence de genre »), suivant en cela la position de l’APA depuis 2013. La transidentité n’est donc pas une pathologie psychiatrique. La souffrance parfois associée — la « dysphorie de genre » — est ce qui peut nécessiter un accompagnement, pas l’identité elle-même.
Transition et soutien
Quand une personne souhaite faire reconnaître son identité de genre, elle peut entamer un parcours de transition, qui peut prendre plusieurs formes :
- sociale : changement de prénom d’usage, de pronoms, de présentation (vêtements, coiffure, voix). Ne nécessite aucun acte médical.
- administrative : changement d’état civil. En Belgique, possible depuis la loi du 25 juin 2017 (modifiée 2019) sans obligation médicale.
- médicale : hormones, parfois interventions chirurgicales. Toujours un choix individuel, jamais obligatoire pour valider une identité.
Le rôle d’un·e sexologue dans ces parcours n’est pas de « valider » une identité — celle-ci appartient à la personne. C’est plutôt :
- offrir un espace pour explorer ses ressentis sans pression normative
- accompagner les questionnements liés à la sexualité durant et après une éventuelle transition (le corps change, le désir aussi peut évoluer)
- soutenir la traversée des moments difficiles (rejet familial, transphobie au travail, fatigue militante)
- orienter vers des ressources médicales et sociales spécialisées si besoin (en Belgique : Genres Pluriels, Centre de santé sexuelle de l’ULB, services de santé inclusifs).
Une approche non pathologisante
Mon positionnement clinique repose sur un principe : la diversité sexuelle et de genre est une donnée de l’expérience humaine, pas une anomalie à corriger.
Cela implique concrètement :
- ne pas chercher à « expliquer » ou « traiter » une orientation ou une identité
- ne pas faire de « thérapie de conversion » (pratique illégale en Belgique depuis 2023 et condamnée par toutes les instances scientifiques sérieuses)
- reconnaître que les difficultés rapportées en consultation viennent souvent du contexte social et familial, pas de l’identité de la personne
- travailler avec la personne sur ce qu’elle souhaite vraiment, à son rythme, sans agenda à sa place.
Cette posture suppose aussi de se former en continu : la recherche en sexologie évolue, les vocabulaires changent, les enjeux sociaux des publics minorisés ne sont pas figés. C’est une responsabilité professionnelle, pas une option.
Quand un accompagnement peut aider
Vous n’avez pas besoin de souffrir pour avoir le droit de consulter. Un accompagnement sexologique peut être utile pour :
- mettre des mots sur ce que vous ressentez sans avoir à choisir une « case »
- traiter les conséquences de discriminations ou de rejet vécus
- préparer un coming out ou un parcours de transition
- travailler la sexualité dans un nouveau contexte identitaire (post-transition, après une remise en question de son orientation)
- soutenir un·e proche (parent, partenaire, ami·e) dans la compréhension d’une diversité qu’il ou elle découvre
- simplement bénéficier d’un espace inclusif où la diversité est la norme et non l’exception.
Toutes les orientations, identités et configurations relationnelles sont accueillies avec le même sérieux clinique.

