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ToggleLes troubles du désir (ou dysfonctions du désir sexuel) se caractérisent par une baisse ou une absence persistante de désir, vécue comme une souffrance ou une détresse par la personne concernée et/ou par le couple. Ils sont fréquents, mais restent souvent tabous : peur d’être jugé·e, culpabilité, impression d’être “anormal·e”, ou manque d’informations fiables.
Une baisse de libido n’a rien de honteux. Le désir varie naturellement au cours de la vie : fatigue, stress, événements, traitements, changements hormonaux… Quand la baisse devient durable et pèse sur votre bien-être ou sur la relation, il peut être utile de comprendre ce qui se joue et de se faire accompagner.
Qu’est-ce qu’un trouble du désir ?
Un trouble du désir correspond à une diminution marquée (ou une absence) de :
pensées ou fantasmes érotiques,
envie d’initier ou de vivre une intimité sexuelle,
motivation sexuelle (même si l’amour et l’attachement sont présents).
Repère important : ce n’est pas la “quantité” de désir qui définit un trouble, mais la détresse, l’évitement, la frustration ou l’impact sur la relation.
Les principaux types de troubles du désir
On distingue souvent plusieurs formes, qui peuvent se chevaucher :
Désir sexuel hypoactif : baisse persistante du désir, généralisée (dans la plupart des contextes) ou situationnelle (avec un·e partenaire spécifique, dans certaines conditions, à certaines périodes).
Aversion sexuelle : rejet, dégoût ou anxiété à l’idée d’un contact sexuel (parfois jusqu’à la panique).
Fluctuations liées à la vie : post-partum, ménopause, stress intense, burn-out, deuil, dépression, etc. Ce ne sont pas toujours des “troubles” au sens clinique, mais ces périodes peuvent devenir problématiques si elles s’installent et créent de la souffrance.
Pourquoi le désir baisse : causes et mécanismes
Le désir est un phénomène multifactoriel : il résulte d’une interaction entre le corps, l’esprit et la relation.
Facteurs physiologiques
variations hormonales (testostérone, œstrogènes, etc.)
douleurs sexuelles, sécheresse, troubles du sommeil, fatigue chronique
maladies (thyroïde, diabète, troubles inflammatoires…)
effets secondaires de certains médicaments (dont certains antidépresseurs)
Facteurs psychologiques
stress, anxiété, dépression, surcharge mentale
image corporelle négative, baisse d’estime de soi
vécu traumatique, peur de l’intimité ou de “ne pas être à la hauteur”
Facteurs relationnels et contextuels
conflits, ressentiment, manque de communication
routine, manque de temps, absence de moments de connexion
différence de libido dans le couple, pression ou sentiment d’obligation
contexte de vie : enfants, travail, isolement, charge domestique
Très souvent, le désir ne “disparaît” pas : il devient inaccessible parce que le système est en mode protection (fatigue, stress) ou en mode pression (obligation, peur de décevoir).
Symptômes et répercussions fréquents
Lorsqu’un trouble du désir s’installe, on peut observer :
peu ou pas d’intérêt pour le sexe, moins de fantasmes,
une sexualité vécue comme une corvée ou une obligation,
culpabilité, anxiété, impression d’être “cassé·e”,
évitement (prétextes, disputes, distance),
tensions dans le couple (frustration, sentiment de rejet, incompréhensions).
La culpabilité est fréquente, mais elle entretient souvent le problème. Un accompagnement sexologique aide à déculpabiliser, à clarifier les mécanismes en jeu, et à retrouver une sexualité plus choisie, plus sereine et plus ajustée.
Points clés
Une baisse de désir est fréquente et peut être une fluctuation normale… ou devenir un trouble si elle provoque de la détresse.
Le désir dépend de facteurs physiques, psychologiques et relationnels.
La pression, la culpabilité et l’obligation entretiennent souvent la baisse de libido.
Il existe des solutions : comprendre, communiquer, ajuster le contexte et, si besoin, se faire accompagner.
NB : Cette ressource est à titre informatif et ne constitue pas un diagnostic ni une thérapie. En cas de souffrance persistante, consultez un·e professionnel·le de santé qualifié·e.
En savoir plus
Libido en baisse : est-ce forcément un “problème” ?
Pas forcément. Le désir fluctue naturellement. On parle plutôt de difficulté quand la baisse est durable, subie, et qu’elle génère détresse, tensions ou évitement.
J’aime mon/ma partenaire mais je n’ai plus envie : comment l’expliquer ?
L’amour et le désir ne fonctionnent pas de la même manière. Fatigue, stress, conflits, charge mentale, routine, pression de performance ou manque de sécurité émotionnelle peuvent freiner le désir, même quand l’attachement est intact.
Différence de libido dans le couple : que faire ?
C’est très fréquent. L’enjeu est d’éviter le duo “demandeur·se / évitant·e” (pression vs retrait) et de retrouver une communication claire : besoins, limites, rythme, et formes d’intimité non centrées sur la performance.
Est-ce que la pression peut “tuer” le désir ?
Oui. Quand le sexe devient une obligation, un test, ou une source de conflit, le système émotionnel se met en protection. Le désir a besoin d’un minimum de sécurité et de liberté.
Les hormones et les médicaments peuvent-ils jouer ?
Oui. Hormones, sommeil, douleurs, contraception, antidépresseurs et autres traitements peuvent influencer la libido. Un avis médical est utile si la baisse apparaît brutalement ou après un changement de traitement.
Quand consulter ?
Si la baisse dure, si elle vous fait souffrir, si le couple se crispe, si vous évitez l’intimité, ou s’il y a douleur/aversion/anxiété marquée. Un accompagnement aide à identifier les causes et à retrouver un équilibre.
Ouvrages de référence, disponibles en librairie ou en bibliothèque.
- Le désir sexuel. Le stimuler, le retrouver, Sébastien Landry (In Press, 2020). Panorama des causes physiques, hormonales, médicamenteuses et psychologiques de la baisse de désir.
- Désir. Roman sexo-informatif, Pascal de Sutter et Valérie Doyen (Odile Jacob, 2014). Deux sexologues belges expliquent les variations du désir dans la durée, sous forme de récit.
- Sexualité en panne, et si c’était la fatigue ?, Sébastien Landry et Martin Chartogne (In Press, 2022). Le lien entre fatigue, charge mentale et perte d’envie, souvent négligé en consultation.
Vidéos librement accessibles, produites par des institutions ou des professionnels identifiés.
- Chaîne du Dr Catherine Solano, médecin sexologue : séquences courtes sur la santé intime, l’éjaculation et le contrôle de l’excitation
- Série « Au-delà du sexe », Télé-Québec : série de la télévision publique québécoise, avec l’appui de sexologues
Articles et fiches d’information de sources publiques ou associatives.
- Sexualité après la ménopause et l’andropause, Santé publique France : effets hormonaux sur le désir, la lubrification et l’érection, sans dramatiser
- Femme et sexualité, Mongeneraliste.be : fiche belge sur la baisse de désir, l’excitation, les douleurs et l’orgasme
- Intimité et sexualité, Fondation contre le Cancer : effets d’une maladie et de ses traitements sur le désir et l’image du corps
Associations, services et espaces d’échange où trouver du soutien.
- Numéro vert Sexualités, Planning familial : ligne d’écoute anonyme et gratuite et tchat, pour poser une question sans consultation
- Trouver un centre de planning familial : carte des 107 centres de Wallonie et de Bruxelles, accueil gratuit et consultations à tarif réduit

